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Une ex-croisiériste française rapatriée dimanche par avion de Tenerife et hospitalisée à Paris a été testée positive à la souche andine d'hantavirus et son état s'est dégradé dans la nuit, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Au total, cinq ressortissants français, qui ont participé à la croisière du MV Hondius touché par l'épidémie, ont été rapatriés dimanche. Les quatre autres sont à ce stade négatifs et sont à l'isolement, a dit la ministre sur France Inter. Les cinq avaient été admis dimanche à l'hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris.
Par ailleurs, 22 Français ont été identifiés comme cas contacts et Paris demande à ceux qui ne l'auraient pas encore fait de se rapprocher des autorités sanitaires françaises, a ajouté la ministre.
Il s'agit dans le détail de huit Français qui se trouvaient le 25 avril à bord d'un vol Sainte-Hélène/Johannesburg - qu'avait emprunté l'ex-croisiériste néerlandaise décédée depuis - et qui ont été placés à l'isolement. En outre, quatorze Français qui avaient embarqué le même jour sur un vol Johannesburg-Amsterdam (sans la patiente néerlandaise) ont été informés de leur statut de "sujets contacts".
"Nous (leur) demandons de se rapprocher", a dit la ministre de la Santé.
Le gouvernement français a émis dimanche un décret en ce sens qui prescrit "les mesures d'urgence nécessaires à la gestion du risque d'infection à hantavirus Andes". Les 14 Français recensés doivent faire l'objet de mesures d'isolement dans ce cadre.
Le gouvernement, qui affiche sa mobilisation, estime qu'"il n'y a pas lieu aujourd'hui d'affoler les Françaises et les Français" sur la propagation potentielle du hantavirus, virus connu, alors que la crainte d'une situation semblable à celle du COVID-19 resurgit.
"VIGILANCE"
Les hantavirus sont des virus transmis principalement par des rongeurs infectés, via l'inhalation de particules contaminées, rappelle le ministère français de la Santé. Les analyses de séquençage effectuées après la survenue d'une épidémie sur le bateau de croisière MV Hondius ont mis au jour la souche andine, endémique en Amérique du Sud (le navire reliait l'Argentine au Cap-Vert).
Le "virus Andes" se distingue par la possibilité d’une transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés.
Après une incubation d'une à 6 semaines, la maladie débute généralement par des symptômes de type grippal (fièvre, fatigue, douleurs musculaires) et peut évoluer, dans les formes graves, vers une atteinte respiratoire sévère ou rénale.
Arnaud Fontanet, directeur de l'unité de recherche d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur, a précisé sur France Inter que la patiente française infectée présentait "une évolution plutôt rapide". Des symptômes avaient été détectés dès son vol de rapatriement dimanche.
"Le risque de mortalité à l'hantavirus est de 30 à 50% des cas infectés", a-t-il dit, ajoutant qu'il fallait s'attendre à l'apparition de "cas isolés dans les semaines à venir".
La période d'incubation d'un hantavirus est plus longue que celle du Covid-19, a-t-il expliqué. "Elle est de 2 à 3 semaines en moyenne mais peut atteindre les 6 semaines voire les 3 mois".
"Le suivi de la maladie à l'échelle de la planète va être fastidieux", a ajouté celui qui avait été membre du conseil scientifique mis en place en 2020 sur le Covid-19.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a la semaine dernière évalué le risque pour la population mondiale comme "faible".
Les quatre ex-passagers français du MV Hondius ayant subi des tests négatifs "sont à l'hôpital jusqu'à nouvel ordre, au minimum 15 jours", a indiqué Stéphanie Rist, et seront à l'isolement pour une durée totale de 42 jours en vertu du décret gouvernemental qui repose sur les recommandations de l'OMS.
"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d’un virus que l'on connaît", avec l'objectif de casser les chaînes de transmission, a affirmé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV et RMC.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, devait tenir ce lundi à 16h15 une nouvelle réunion, après un premier point la veille, sur la situation en France.
Le ministère de la Santé assure que la France dispose des "stocks nécessaires de masques et de tests".
(Rédigé par Sophie Louet avec Nicolas Delame et Benjamin Mallet)

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